Voir la maladie autrement

Dans le mot maladie, il y a mal ce qui fait penser à souffrance, douleur. La maladie n’a pas une bonne image .La maladie fait peur. Cette peur est si forte qu’on ne compte plus les émissions de télévision, les livres et les revues spécialisées qui lui sont consacrées. Il faut absolument vaincre la maladie. La santé devient l’objectif à atteindre ; la santé c’est à dire l’absence de maladie. Alors on s’organise comme pour une guerre. On cherche l’ennemi et on le trouve : virus, bactérie, soleil, stress, froid, chaud … Le danger est partout : soyons prêts à lutter.
Toute notre médecine est basée sur ce principe : la maladie est un état à combattre dont il faut identifier les responsables pour les faire disparaître. La médecine entretient la peur de la maladie. La médecine a l’air de tout savoir. Mais les conseils sont souvent contradictoires. Chaque spécialiste a sa thèse et l’on découvre que la médecine n’est pas une science exacte. Les désaccords entre spécialistes sont fréquents. Les modes vont et viennent au gré de découvertes scientifiques trop vite considérées comme la vérité.
Tout est orchestré pour entretenir la peur de la maladie : émissions de télévision vous incitant à faire des dons pour vaincre la maladie, obligation de se vacciner (où est la liberté), obligation d’avoir un médecin désigné, obligation de cotiser à la sécurité sociale … Et bien sûr, l’angoisse monte encore d’un cran devant l’arrivée de nouveaux virus pouvant provoquer des épidémies. Le cercle infernal est sans fin. On a démontré que la peur de la maladie augmente les risques par le biais de mécanismes encore mal connus. La peur de la maladie est telle qu’elle provoque souvent des gestes contraires à l’intérêt du malade. Prenons le cas de la fièvre : la fièvre est le témoin de la réaction de l’organisme face à une agression virale ou bactérienne. C’est une réaction physiologique tout à fait normale : elle nous montre que l’organisme se défend et elle permet de suivre l’évolution de la maladie.
Malheureusement, pour la majorité des gens fièvre = maladie, donc en faisant tomber la fièvre ils pensent lutter contre la maladie. Ils se trompent : ils sont en train de détruire une aide précieuse pour vaincre une infection. Un autre exemple : la dépression nerveuse. La dépression nerveuse se traduit par de l’apathie, l’impossibilité d’agir, le besoin de lâcher prise. Les conditions de vie sont devenues insupportables : la dépression est là pour le montrer.

Le meilleur traitement est donc de laisser la personne se reposer, ne rien faire pendant le temps qu’il faut et l’aider à comprendre comment elle en est arrivée là. La réaction des proches et de l’entourage de la personne déprimée, est tout le contraire. Ils essayent de le bousculer pour le forcer à réagir, lui disent de se battre, de ne pas se laisser aller. La réaction du malade sera alors amplifiée en sens inverse : il y aura encore plus de déprime, encore plus d’incapacité de réaction. A cela va s’ajouter la culpabilité, le sentiment d’incompréhension qui peut parfois pousser au suicide. Dans ces deux cas, nous prenons le problème à l’envers. Ce n’est pas en déclarant la guerre permanente à la maladie que l’on retrouvera la santé. Bien au contraire. Nous devons revoir totalement notre façon d’appréhender la maladie. Nous devons partir du principe que la maladie est une amie.
Elle est une source d’informations utiles sur l’état de notre organisme. Elle est un système d’alerte qui doit nous faire nous interroger sur nos habitudes de vie. Elle est l’occasion d’entrer en contact avec soi-même. La peur de la maladie nous empêche de la considérer de façon sereine et de la traiter en amie.
La souffrance physique et psychique nous conduit à refuser la maladie. Nous faisons tout pour la supprimer. C’est un réflexe qui, pour la majorité des gens, semble normal. En fait, il conviendrait d’y regarder à deux fois. Si, par inadvertance, je mets la main dans une casserole d’eau bouillante, je vais me brûler ; on peut dire alors que la souffrance physique est une information transmise au cerveau qui m’amène à retirer la main de la casserole. Nous sommes là dans une logique de survie et de préservation de l’intégrité physique. La douleur dans ce cas là est notre alliée. Il en est de même de la maladie. Une indigestion m’indique que je dois arrêter de manger, une grippe m’oblige à me reposer, une bronchite me montre que je dois arrêter de fumer. Dans chaque maladie, il serait utile de déceler la ou les informations qui nous sont données sur nos habitudes de vie : hygiène physique et psychique, relations sociales et professionnelles … Tous les aspects de notre comportement peuvent être visés. Il y a donc là une source de dialogue intime avec notre corps qui peut nous permettre de nous rapprocher de notre vraie nature et de vivre en meilleure harmonie.
Vous devez modifier votre approche de la maladie. Cette approche doit être fondée sur l’amour de soi-même, sur le respect de son corps, sur la recherche de la signification des symptômes de la maladie.
Une fois que vous aurez compris ce que votre corps veut vous dire par le moyen de la maladie, vous pourrez agir en conséquence. Dans un premier temps, il s’agira d’appliquer les gestes justes. Par exemple, évitez de trop manger lorsqu’on a de la fièvre car la digestion est une dépense énergétique qui se fera au détriment de nos défenses immunitaires ; par exemple, se coucher plus tôt ; par exemple, se remettre à pratiquer une activité physique, courir ou marcher ; par exemple, changer son alimentation. Une bonne écoute de soi permettra de trouver la ou les solutions justes. Il s’agit d’adopter une attitude d’amour à l’égard de soi-même, au lieu d’avoir une attitude de guerre contre un hypothétique ennemi. Ne vous précipitez pas sur les médicaments dès les premiers symptômes. Essayez de comprendre pourquoi vous êtes malade. Une fois la cause identifiée, vous pourrez agir pour la faire disparaître. Le médicament efface les symptômes de la maladie mais ne fait pas disparaître la cause de la maladie. L’organisme qui souffre s’exprimera par d’autres symptômes et sa souffrance deviendra chronique. Le médicament peut être une aide dans un premier temps, mais vous devrez faire le travail nécessaire sur vous-même pour identifier et éliminer les causes de la maladie.
Moins vous écoutez les messages d’alerte que sont les maladies, plus votre état de santé se détériore.

L’enseignement d’Hippocrate reposait sur trois principes essentiels : en premier lieu, la nature est médecine, c’est à dire que toute maladie a tendance spontanément à évoluer vers la guérison si on en fait cesser la cause. Ensuite et de façon corollaire, le rôle du médecin doit être avant tout de ne pas nuire et de tout mettre en œuvre pour aller dans le sens de l’évolution naturelle de la maladie. Et enfin, toute maladie a une ou plusieurs causes externes (virus, bactéries, pollution…) et une ou plusieurs causes internes (manque d’hygiène, manque d’activité physique, causes psychiques …). La médecine classique occidentale actuelle oublie complètement ces préceptes. Le médecin intervient sur une maladie sans chercher à en connaître la cause véritable. Il n’hésite pas à prescrire des médicaments qui peuvent nuire sans se demander s’il n’y aurait pas d’autres moyens mieux adaptés et non toxiques. Il considère le corps humain comme un champ de bataille où des médicaments très puissants et très dangereux doivent livrer un combat sans merci à la maladie. Il oublie complètement le fantastique potentiel de santé que recèle chaque être humain. Il oublie que l’être humain est un tout indissociable en relation permanente avec son environnement. Il oublie que c’est par une approche globale de l’être humain que l’on obtiendra des résultats durables.

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